
Matériel, gestes clés, sécurité et pièges : suivez notre méthode pas à pas pour capturer ou attirer un essaim sans stress, et lancer votre rucher.
Le jour où un essaim se suspend dans un arbre du jardin, c'est à la fois fascinant et un peu intimidant. Les abeilles viennent de quitter leur ruche pour fonder une nouvelle colonie ; elles sont provisoirement « sans maison » et, malgré l'impressionnante grappe bourdonnante, elles demeurent plutôt paisibles. Avec une méthode douce, un matériel bien préparé et quelques précautions de sécurité, il est tout à fait possible de les accueillir chez vous pour repeupler une ruche vide ou débuter votre aventure apicole—le tout sans stress inutile pour les insectes ni pour vous-même.
Au printemps, quand la vieille ruche devient exiguë, la reine sort avec la moitié des butineuses pour chercher un nouveau logis. L'essaim se forme généralement d'avril à fin juin, parfois en juillet si la météo retarde la saison. Vous pouvez rencontrer deux situations : un essaim accessible (posé sur une branche basse, une clôture, un piquet) ou un essaim perché en hauteur, collé sous un toit, suspendu à une cheminée. Dans les deux cas, l'intervention doit être rapide — avant que les éclaireuses ne trouvent définitivement mieux ailleurs — mais suffisamment posée pour ne pas affoler les abeilles.

Même si les abeilles sont dociles lorsqu'elles n'ont pas de couvain à défendre, une piqûre reste possible. Enfiler une vareuse intégrale avec voile, des gants légers, et garder un enfumoir allumé offrent une barrière rassurante. Le cœur de votre équipement est la ruchette ou la ruche vide prête à recevoir les occupantes. Selon la hauteur, vous complétez avec un sécateur pour dégager quelques rameaux, une brosse douce pour guider les retardataires, ou un cueille-essaim fixé au bout d'une perche lorsqu'il faut atteindre plus haut.
Approchez calmement la ruchette ouverte sous la grappe. Un mouvement sec sur la branche ou un léger brossage fait tomber l'essaim en masse ; la boule se disloque un instant puis se reforme à l'intérieur du contenant. Observez l'entrée : si les abeilles ventilent en déployant leurs abdomens, c'est que la reine est bien dedans. Laissez la ruchette en place une bonne heure ― le temps que les retardataires rejoignent leur reine ― puis fermez la porte et emportez-la au crépuscule, quand tout le monde est rentré.
Lorsque la grappe se situe à quatre ou cinq mètres, la perche munie d'un cueille-essaim se révèle précieuse. Glissez le sac ouvert sous le paquet d'abeilles, secouez, puis ramenez délicatement au sol pour verser son contenu dans la ruchette placée à proximité. Si la branche porteuse n'est pas trop grosse, la couper entièrement est parfois plus simple ; vous la posez doucement devant la ruchette ouverte pour que les abeilles migrent d'elles-mêmes.

Une vieille ruche qui a déjà contenu du couvain attire davantage qu'un volume neuf, car l'odeur de cire signale un logement adéquat. Installez-la à l'est, à l'abri du vent, entre un et trois mètres du sol ; pensez à l'ombre des après-midi d'été. À proximité, quelques plantes mellifères (phacélie ou lavande) servent d'argument supplémentaire.
Enduire l'intérieur de la ruchette d'un peu de propolis tiède, déposer une fine bande de cire gaufrée sur le haut de deux cadres, frotter le bois avec un brin de mélisse fraîche : ces parfums guident les éclaireuses. Un nuage d'eau miellée vaporisé à l'entrée complète le dispositif. Renouvelez les appâts toutes les deux semaines durant la haute saison d'essaimage.

Contrôlez tous les trois jours : un bourdonnement sourd et des abeilles gardiennes postées à l'entrée confirment la capture. Le transfert vers l'emplacement définitif se fait comme après une prise directe ; mieux vaut déplacer la ruchette à plus de trois kilomètres si vous voulez éviter que les butineuses ne tentent de revenir à leur point de capture.
Plus l'essaim reste exposé, plus il risque de repartir. Intervenir dans les premières 24 heures, par temps doux et sec, augmente vos chances. Pendant le transport, laissez toujours un léger passage d'air ; un essaim enfermé sans ventilation peut suffoquer en moins d'une heure.
Prévenez vos proches, éloignez les enfants curieux, coupez le moteur de la tondeuse voisine : le calme fait baisser la tension. Si l'essaim s'est logé derrière un volet roulant ou dans une cheminée en activité, n'essayez pas d'improviser ; appelez un apiculteur expérimenté capable de démonter ou d'aspirer les abeilles en douceur.
Après la capture, laissez la ruchette exactement à l'emplacement d'arrivée plusieurs heures ; les éclaireuses parties en reconnaissance reviendront plus vite. Si un emplacement n'a rien donné durant toute la saison, déplacez-le de quelques mètres ou changez-le l'année suivante ; les abeilles sont sensibles à l'orientation, à la luminosité matinale et même à l'odeur du support.
Un essaim gros comme un ballon de handball contient souvent assez d'abeilles pour bâtir rapidement. En-dessous, il peut s'agir d'une « ré-mérage » (petit essaim avec jeune reine) ; la colonie prendra plus de temps à se développer, mais reste intéressante.
Cherchez une abeille plus longue, au thorax lisse et aux ailes plus courtes que l'abdomen. Souvent, la simple observation du comportement d'appel (glande de Nasanov dressée) suffit à confirmer sa présence sans la repérer visuellement.
Capturer un essaim demande surtout de la préparation : un matériel propre et prêt, une bonne compréhension du comportement des abeilles, et une attitude calme. Que l'essaim soit posé à portée de main ou perché sur un arbre, la clé est de sécuriser l'opération pour tous, puis d'offrir rapidement à la nouvelle colonie une maison saine où elle pourra bâtir ses rayons. En procédant avec respect, vous transformez ce moment impressionnant en une expérience riche, propice à la transmission et à la protection de la biodiversité.
Découvrez nos conseils personnalisés pour débuter en apiculture.
Nous contacter
Visite, entretien, division, prévention… Découvrez les activités essentielles pour bien démarrer la saison apicole dès les premiers beaux jours.
Lire l'article
Août, mois clé pour nourrir, traiter contre le varroa et protéger les abeilles avant l'hiver. Découvrez les gestes essentiels à faire au rucher.
Lire l'article
Explorez les pratiques apicoles essentielles à adopter en avril pour assurer le bien-être de vos abeilles.
Lire l'article